2024, année « dramatique » pour l’itinérance sur la Côte-Nord, selon Centraide Manicouagan
L’année 2024 a fracassé de tristes records en matière d’itinérance sur la Côte-Nord, selon Centraide Manicouagan. Alors que les élections fédérales approchent à grands pas, l’organisme sonne l’alarme : il faudra investir beaucoup plus pour enrayer le phénomène. Depuis la pandémie, la situation se détériore, témoigne la directrice générale de Centraide Manicouagan, Josée Mailloux. Alors que les personnes en situation d’itinérance qui fréquentent les ressources d’aide représentaient autrefois une poignée d'individus, ils se chiffrent désormais par dizaines, atteste Josée Mailloux. Les gens qu’on ne voyait pas côtoyer nos organismes communautaires sont de plus en plus présents. En addition à un contexte économique difficile qui perdure depuis quelques années, les problématiques de santé mentale s’alourdissent, et ce, auprès de toutes les tranches démographiques, affirme-t-elle. De surcroît, le phénomène de la réno-éviction, la hausse du coût du logement et la baisse de l’accessibilité à celui-ci poussent de plus en plus de gens vers la précarité, croit-elle. Les causes de la pauvreté et de l’itinérance sont multifactorielles, souligne Josée Mailloux. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin Les aînés comptent parmi les plus touchés par la rigueur du contexte économique, observe-t-elle. Historiquement, les régions du Québec ne sont pas habituées à accueillir autant de personnes itinérantes, affirme Mme Mailloux. Centraide Manicouagan, qui gardait autrefois environ une réserve d’environ 10 000 $, a déboursé près de 150 000 $ en aide d’urgence en 2024, rapporte la directrice. Le 15 avril dernier, les organismes communautaires et ressources en itinérance de la Côte-Nord ont participé au recensement national des personnes en situation d’itinérance. En 2022, l’opération avait permis d'estimer à 94 le nombre de personnes en situation d'itinérance dans la région. Selon le milieu communautaire, ce nombre devrait être beaucoup plus élevé cette année. D'après une entrevue d'Édouard BeaudoinLe dernier été [fut] dramatique
, affirme-t-elle. Je n’avais jamais rien vu de tel. Des mères de famille se [retrouvent] dans la rue avec des enfants avec elles, [elles doivent] coucher dans des véhicules.
Les gens qui ont des salaires dits réguliers, les gens [qui appartenaient à] la classe moyenne glissent vers le bas
, illustre-t-elle.
Besoin criant d’investissement
On doit se repositionner rapidement avant que ça dégénère et que ça devienne encore plus grave.
Tout passe par l’investissement financier
, affirme Josée Mailloux, qui exhorte les gouvernements à mettre l’épaule à la roue.
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